Note de lecture: La Dernière Leçon

Auteur: Mitch Albom, 1997

Résumé La Dernière Leçon raconte l’histoire vraie de Mitch Albom, journaliste, et de son ancien professeur d’université, Morrie Schwartz. Seize ans après la fin de ses études, Mitch retrouve Morrie, atteint de la maladie de Charcot (SLA), une maladie dégénérative incurable. Conscient de sa mort prochaine, Morrie demande à revoir Mitch chaque mardi. Ces rencontres deviennent une sorte de « dernier cours » profondément humain où Morrie y transmet sa vision de la vie.

Chaque mardi est consacré à un thème essentiel : l’amour, le travail, la famille, le pardon, la mort. À travers ces conversations, Mitch, d’abord absorbé par sa carrière et le succès matériel, remet progressivement en question ses priorités et sa vision du bonheur.


Des thèmes existentiels majeurs

Plusieurs grandes questions traversent le dialogue entre Mitch et Morrie : comment vivre lorsque l’on sait que l’on va mourir, que vaut réellement une vie réussie et que reste-t-il lorsque le corps se fragilise. Morrie découvre que la proximité de la mort clarifie ses priorités : l’amour, les relations humaines, ainsi que la capacité à donner et à recevoir deviennent plus importants que la carrière, l’argent ou l’image sociale. Ce récit invite ainsi à réfléchir au sens de la vie et à ce qui compte véritablement. Morrie critique une société obsédée par l’argent, la réussite et la performance, au détriment des relations humaines. Il insiste sur l’importance de l’amour, du partage, de l’acceptation de la mort et de la capacité à donner du sens à sa vie jusqu’au bout.

Le livre montre également comment la vulnérabilité peut devenir un lieu de vérité. Morrie ne cherche pas à dissimuler son déclin ; au contraire, il le partage et en fait une occasion de rencontre authentique avec Mitch. Au fil des mardis, ce dernier est invité à quitter un mode de vie centré sur la performance pour se réorienter vers ce qui est réellement porteur de sens pour lui. La mort, loin d’être un sujet tabou, est ainsi présentée comme un moyen de mieux vivre : «Apprendre à mourir, c’est apprendre à vivre».

Des résonances avec la logothérapie
Du point de vue de la logothérapie, La Dernière Leçon illustre la possibilité de trouver du sens jusque dans la maladie grave et la fin de vie. Morrie ne choisit pas sa maladie, mais il choisit la manière de la vivre : il décide d’en faire un service rendu aux autres, un acte de transmission, donnant ainsi à sa souffrance une dimension de mission. La dynamique entre les deux hommes rappelle l’importance d’un espace où la parole sur la mort, la peur, les regrets et les choix de vie peut être accueillie sans détour.
Ce récit met également en lumière des notions centrales de la logothérapie, telles que la liberté d’attitude face à ce qui ne peut être changé, la responsabilité de ses choix et la possibilité de transformer la finitude en un appel à vivre plus consciemment. Il montre aussi comment la relation d’aide se tisse dans la réciprocité : Mitch vient initialement pour soutenir son ancien professeur, mais c’est lui qui, peu à peu, se trouve « remis en route » dans sa propre existence.
La Dernière Leçon peut toucher particulièrement les personnes confrontées à la maladie, à l’épuisement professionnel, à un deuil ou à un moment de remise en question de leur trajectoire de vie. En suivant Mitch et Morrie, le lecteur se sent autorisé à revisiter ses propres priorités et à interroger ce qui donne réellement de la valeur à ses journées.
Malgré certaines limites — notamment la simplification des déterminants psychologiques, des conflits intrapsychiques et de souffrances qui, dans la réalité clinique, sont infiniment plus nuancées, ainsi que la mise à l’écart de certaines dimensions tragiques ou structurelles de l’existence — le livre peut à la fois toucher et encourager. Il peut fonctionner comme une porte d’entrée vers un travail intérieur plus exigeant, en ouvrant un espace de réflexion et de réajustement de vie.
Ainsi, le lecteur peut s’arrêter sur certaines phrases qui le touchent et se demander ce qu’elles réveillent en lui, dans son histoire, ses choix, ses valeurs et ses responsabilités. La simplicité devient alors un point de départ, et non un point d’arrivée : elle ouvre le champ de la question du sens sans prétendre le clore. De cette manière, l’apparente simplicité de La Dernière Leçon devient un matériau à travailler, plutôt qu’une conclusion définitive sur ce que serait « la » sagesse de vie.

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